Batterie de chanvre et moulin Jehoulet à MohaBatterie de chanvre et moulin Jehoulet à Mohahttps://bibliotheca.wanze.be/petit-patrimoine-populaire-wallon/batiments-sites-industriels/moulin-jehoulet-a-mohahttps://bibliotheca.wanze.be/petit-patrimoine-populaire-wallon/batiments-sites-industriels/moulin-jehoulet-a-moha/@@images/image-1200-4ca59df4b3e83b74946b16c61d80a74d.jpegMoulin Jehoulet - Moha
Batterie de chanvre et moulin Jehoulet à Moha
Batterie de chanvre et moulin Jehoulet à Moha
Informations
La rue Pierre Jacques, du nom de l’ancien instituteur du village, comprend un pont qui enjambe la Mehaigne et un moulin.
En aval, un barrage maintient un vaste plan d’eau que vient interrompre la cascade du déversoir, favorable à l’oxygénation de l’eau.
Historique:
En juin 1807, le Préfet de « « l’OURTE » autorise le sieur JEHOULET à installer sur la Mehaigne une batterie à chanvre. Elle se compose d’un bâtiment en moellons calcaire, percé de six portes en plein cintres, perpendiculaire au biez, avec une roue à aube extérieure de 7 mètres de diamètre sur 2 mètres de large qui a l’eau pour moteur et dont l’arbre donne le mouvement à une seconde roue intérieure : celle-ci soulève alternativement et perpendiculairement six et quelques fois huit pièces de bois, faisant marteau, de 4 mètres de hauteur sur 14 cm d’équarrissage. Ces espèces de marteaux frappent verticalement un seuil horizontal en pierre, élevé de 50 cm au dessus du sol. Après que le chanvre a été roui, lavé, séché et écrasé sous la maque, la filasse qu’on obtient contient encore beaucoup de substances étrangères, dont il faut se débarrasser. Pour ce faire, on en forme des paquets que l’on soumet à l’action de la batterie. Un homme assis au niveau du seuil de la batterie place et retourne, en tout sens, ces paquets sous les pilons. Les fils du chanvre qui ont passé sous cette machine se divisent et se séparent fort bien, et la filasse est mise en état d’être livrée au commerce (5 centimes par kilo à l’époque). On filait aussi un peu de chanvre
En 1858, le site, devenu moulin à farine, est vendu par la famille JEHOULET.
En 1873, ce moulin abandonné et appartenant à la famille François LAMBOTE est racheté ainsi qu’une petite carrière située dans les bois de la commune par les PARMENTIER.
Ceux-ci, possédant en outre, une carrière importante de petit granit à MODAVE, transformèrent le moulin en atelier de découpage de blocs de pierre. Ils utilisaient toujours leur roue à aube et avaient installé à l’intérieur un dispositif pour le sciage des pierres. Plusieurs maîtres carriers vont alors se succéder. Au XIX ème siècle, le site présentait un long bâtiment en moellons de calcaire et percé de six portes en plein cintre, perpendiculaires au bief, tel qu’il apparaît encore aujourd’hui.
Au début du 20ème siècle, la famille JOIE rachète le site et se fournit en blocs de pierre aux carrières de VINALMONT et de MODAVE. Initialement ces blocs étaient acheminés par de lourds chariots. Plus tard, une ligne ferroviaire reliée à la gare de MOHA et un pont roulant furent installés.
Vers 1929, le fils JOIE modernisa les installations. Il remplaça la roue par une turbine hydraulique et améliora le système de découpage. L’atelier n’utilisait plus qu’une dizaine d’ouvriers.
Après la seconde guerre mondiale, le granit ayant moins d’utilisations, on dut s’orienter dans le découpage du marbre (6 châssis de découpage). Les pierres du Mémorial « MARDASSON » à Bastogne ont été façonnées sur le site de MOHA.
En 1966, l’atelier JOIE cessa ses activités.
Depuis 1986, le propriétaire actuel, Monsieur Jean-Luc WILLOT y développe un projet hydro-électrique. Ce passionné a restauré les installations du barrage et y a créé plusieurs modèles de turbine. Le barrage alimente la turbine qui fournit de l’électricité nécessaire aux besoins de l’atelier et de l’habitation. La production excédante est injectée dans le réseau.